« Bénédicte Klène se définit comme chroni-croqueuse. Le papier et le dessin sont toujours au centre de son processus créatif. La série Les Petits Riens est réaliséesur des carnets de croquis de voyage que l’artiste a longtemps tenus secrets. Le dessin y tient son double rôle de mémorial et d’intermédiaire.
Mémorial en ce qu’il capte des instants définitivement révolus et permet d’en garder une trace potentiellement réactivable. Intermédiaire en ce qu’il sert de point de passage dans la constitution d’œuvres moins intimistes: peintures, performances ou, plus simplement, mise en scène des carnets de croquis…
Mouvement pendulaire incessant entre les dimensions publique et intime, en évitant l’écueil de l’exhibitionnisme… Métaphore limpide du rôle du créateur en tant que passeur de messages et/ou d’émotions ».
Jannick Broyelle
Jannick Broyelle / L'Echo du Thabor
Numéro 11 - Mai 2014. Extraits page 7
« Dans le cadre des Ateliers Portes Ouvertes (du 13 au 15 décembre 2013), Bénédicte Klène a ouvert son bel atelier aux passants, curieux et amateurs . Dans cet espace lumineux, les Petits Riens, en multitude, s’exposent avec toute leur finesse et précision. Des dizaines de carnets de moleskine noire, datés et numérotés, retracent des moments, des scènes, des souvenirs, des spectacles de la vie, du tout et du «rien» du quotidien. Chacun de ces carnets de voyages / carnets de croquis se déploie à l’horizontale quand on l’ouvre, comme certains vieux manuscrits japonais, particularité du format Leporello (nom évoquant la liste des conquêtes de Don Juan, si longue qu’elle était déroulée en accordéon…). Alors, quand on ouvre un carnet, surgit en suite, recto verso, la multitude des dessins en noir et blanc qu’il contient, nuancés de couleurs pastel, dans leur déroulement chronologique de fabrication, comme dans un récit de vie où les épisodes s’enchaînent, mais sans ordre apparemment logique. C’est foisonnant, précis, drôle ou tragique, anecdotique ou fondamental et très personnel. Encre et papier s’expriment dans ce vrai projet plastique. Et pour «faire oeuvre» de ses Petits Riens, Bénédicte les met en scène, les présente, les expose, les imprime, en placarde des murs…pour notre plaisir ».