BIBLIOGRAPHIE &
TEXTES CRITIQUES

Claire Jacquin , "Zoom sur Bénédicte Klène ". 2 Avril 2010

Voici le dernier interview des artistes sélectionnés pour exposer à Art Paris 2010 sur le stand "La Tribu des Artistes / Fonds Canson"

Carte postale éditée pour ART PARIS / 2010
Fonds Canson

" 2. V. 20205. 14H 35… Au café…"

Quinzième dessin du troisième carnet de Petits Riens.
Encre sur papier crème / 14 X 18 cm


Carte postale éditée pour ART PARIS / 2010
Fonds Canson

Comment avez-vous débuté et évolué ?
« In utero ». L'art a toujours été présent dans ma famille.
J'ai été baignée dans l'art, par l'art...En tous cas, je suis tombée dedans très tôt et certainement avant ma naissance....J'ai retrouvé des albums de croquis de mon arrière grand mère, de très jolies pochades de scènes champêtres et puis aussi des petits dessins de bijoux réalisés très finement à l'aquarelle par ma propre grand mère. Alors bien sûr, c'était dans l'éducation de toute jeune fille de bonne famille, mais cela a très probablement contribué au fait que l'on a toujours parlé d'art chez moi; cela a toujours été un sujet de préoccupation et de discussion à la maison. Je me suis construite comme ça.

Petite fille, il m'arrivait régulièrement d'accompagner ma mère dans ses recherches ou sur ses chantiers. Lorsque nous vivions dans le Sud Ouest, elle avait une activité d'antiquaire et elle restaurait pour des clients de belles demeures anciennes qu'elle meublait ...C'est quelque chose qui nourrit vraiment l'imaginaire quand on est enfant. Mes parents avaient le goût du beau, et de l'authentique . Et puis il y avait aussi la musique...
Du côté paternel, mon père, qui était en apparence plus traditionnel, était passionné de livres et d'histoire, une sorte de Gentleman - Farmer. D'abord vigneron en Algérie, arboriculteur à son arrivée en France, son métier l'a finalement toujours conduit à produire des fruits et je tiens de lui le goût de la terre, de la culture des plantes, des arbres, des fleurs. Non seulement il avait le sens des matériaux et du bricolage, mais il avait aussi une certaine fantaisie qui lui permettait de s'échapper d'une réalité parfois difficile à vivre. J'ai découvert plus tard qu'il avait réalisé des petits films d'animation avec trois fois rien et du papier calque. Il savait pratiquement tout faire, tout réparer. Dans la propriété familiale, il y avait une forge et c'est là qu'il m'a appris à bricoler. Du coup, j'avais déjà mon propre atelier quand je suis arrivée au collège...
Et puis il y avait mon oncle et parrain, qui a joué lui aussi un rôle important d'«imprégnateur artistique ». Comme il était diplomate en Afrique, nous nous retrouvions à chaque vacances à Saint Aygulf ou à Boulouris avec toute la tribu des cousins. Il m'impressionnait beaucoup car il faisait de la peinture, du modelage, dessinait beaucoup et tout le temps.


Très doué pour les portrait et les caricatures, il illustrait régulièrement un journal. Son exceptionnelle collection d'art africain m'a familiarisé avec les arts premiers après m'avoir longtemps terrorisée.. Il m'a souvent conseillé , beaucoup encouragé dans mes choix et il est resté ma référence jusqu'à ce que j'entre au lycée. J'ai d'ailleurs suivi la classe de terminale, comme lui précédemment, au lycée Masséna, à Nice, où nous avions entre temps déménagé.
Puis j'ai fait des études universitaires assez poussées, en menant d'abord un double cursus en histoire de l'art et en arts plastiques. Après mes licences, je gagnais de quoi poursuivre mes études en étant conférencière des Monuments historiques à Aix en Provence. Je n'ai pas hésité longtemps entre les deux voies qui s'ouvraient, tant mon désir était fort de me réaliser et de m'exprimer dans notre société et dans notre propre époque.
Au final, j'ai un DEA et une agrégation d'arts plastiques. Bien que j'enseigne depuis plusieurs années, d'abord en collège, puis aujourd'hui en lycée (auprès des élèves qui ont choisi un enseignement de spécialité) et à l'IUFM (dans la formation initiale des jeunes enseignants d'arts plastiques), j'ai toujours eu une activité personnelle artistique.
Cependant, je l'assume comme activité professionnelle depuis 1996 seulement, date à laquelle j'ai eu la chance de faire ma première exposition aux Etats-Unis.
Un drame personnel, avec les disparitions rapprochées de mes deux frères, a accéléré les choses dans l'urgence de montrer mon travail et de laisser une trace de nos existences. Depuis, je participe régulièrement à des expositions en France ou à l'étranger.

J'ai aussi réalisé récemment deux commandes publiques qui m'ont confronté chacune à une autre dimension du travail que celui de l'atelier :
L'« Arbre à palabres et pavois » , une sculpture issue d'une démarche collaborative avec les habitants du quartier de l'Europe, à Brest, pour leur nouvelle mairie , (2008) et un jardin de collection de plantes à couleurs, le « J(ART)din de couleurs en palis» (CNAP) pour la médiathèque de Renac, en Ille et Vilaine (2009).

Carte postale éditée pour ART PARIS / 2010
Fonds Canson

" 2. V. 20205. 14H 35… Au café…"

Quinzième dessin du troisième carnet de Petits Riens.
Encre sur papier crème / 14 X 18 cm


Carte postale éditée pour ART PARIS / 2010
Fonds Canson

Comment avez-vous débuté et évolué ?
« In utero ». L'art a toujours été présent dans ma famille.
J'ai été baignée dans l'art, par l'art...En tous cas, je suis tombée dedans très tôt et certainement avant ma naissance....J'ai retrouvé des albums de croquis de mon arrière grand mère, de très jolies pochades de scènes champêtres et puis aussi des petits dessins de bijoux réalisés très finement à l'aquarelle par ma propre grand mère. Alors bien sûr, c'était dans l'éducation de toute jeune fille de bonne famille, mais cela a très probablement contribué au fait que l'on a toujours parlé d'art chez moi; cela a toujours été un sujet de préoccupation et de discussion à la maison. Je me suis construite comme ça.

Petite fille, il m'arrivait régulièrement d'accompagner ma mère dans ses recherches ou sur ses chantiers. Lorsque nous vivions dans le Sud Ouest, elle avait une activité d'antiquaire et elle restaurait pour des clients de belles demeures anciennes qu'elle meublait ...C'est quelque chose qui nourrit vraiment l'imaginaire quand on est enfant. Mes parents avaient le goût du beau, et de l'authentique . Et puis il y avait aussi la musique...
Du côté paternel, mon père, qui était en apparence plus traditionnel, était passionné de livres et d'histoire, une sorte de Gentleman - Farmer. D'abord vigneron en Algérie, arboriculteur à son arrivée en France, son métier l'a finalement toujours conduit à produire des fruits et je tiens de lui le goût de la terre, de la culture des plantes, des arbres, des fleurs. Non seulement il avait le sens des matériaux et du bricolage, mais il avait aussi une certaine fantaisie qui lui permettait de s'échapper d'une réalité parfois difficile à vivre. J'ai découvert plus tard qu'il avait réalisé des petits films d'animation avec trois fois rien et du papier calque. Il savait pratiquement tout faire, tout réparer. Dans la propriété familiale, il y avait une forge et c'est là qu'il m'a appris à bricoler. Du coup, j'avais déjà mon propre atelier quand je suis arrivée au collège...
Et puis il y avait mon oncle et parrain, qui a joué lui aussi un rôle important d'«imprégnateur artistique ». Comme il était diplomate en Afrique, nous nous retrouvions à chaque vacances à Saint Aygulf ou à Boulouris avec toute la tribu des cousins. Il m'impressionnait beaucoup car il faisait de la peinture, du modelage, dessinait beaucoup et tout le temps.


Très doué pour les portrait et les caricatures, il illustrait régulièrement un journal. Son exceptionnelle collection d'art africain m'a familiarisé avec les arts premiers après m'avoir longtemps terrorisée.. Il m'a souvent conseillé , beaucoup encouragé dans mes choix et il est resté ma référence jusqu'à ce que j'entre au lycée. J'ai d'ailleurs suivi la classe de terminale, comme lui précédemment, au lycée Masséna, à Nice, où nous avions entre temps déménagé.
Puis j'ai fait des études universitaires assez poussées, en menant d'abord un double cursus en histoire de l'art et en arts plastiques. Après mes licences, je gagnais de quoi poursuivre mes études en étant conférencière des Monuments historiques à Aix en Provence. Je n'ai pas hésité longtemps entre les deux voies qui s'ouvraient, tant mon désir était fort de me réaliser et de m'exprimer dans notre société et dans notre propre époque.
Au final, j'ai un DEA et une agrégation d'arts plastiques. Bien que j'enseigne depuis plusieurs années, d'abord en collège, puis aujourd'hui en lycée (auprès des élèves qui ont choisi un enseignement de spécialité) et à l'IUFM (dans la formation initiale des jeunes enseignants d'arts plastiques), j'ai toujours eu une activité personnelle artistique.
Cependant, je l'assume comme activité professionnelle depuis 1996 seulement, date à laquelle j'ai eu la chance de faire ma première exposition aux Etats-Unis.
Un drame personnel, avec les disparitions rapprochées de mes deux frères, a accéléré les choses dans l'urgence de montrer mon travail et de laisser une trace de nos existences. Depuis, je participe régulièrement à des expositions en France ou à l'étranger.

J'ai aussi réalisé récemment deux commandes publiques qui m'ont confronté chacune à une autre dimension du travail que celui de l'atelier :
L'« Arbre à palabres et pavois » , une sculpture issue d'une démarche collaborative avec les habitants du quartier de l'Europe, à Brest, pour leur nouvelle mairie , (2008) et un jardin de collection de plantes à couleurs, le « J(ART)din de couleurs en palis» (CNAP) pour la médiathèque de Renac, en Ille et Vilaine (2009).
Quelle est aujourd'hui votre technique préférée ?
La question de la technique ne me préoccupe pas vraiment. J'aime tout autant faire du dessin, de la soudure que de la peinture, du plastique thermoformé, utiliser la sérigraphie, faire de la petite édition ou encore cultiver des plantes avec lesquelles je vais pouvoir fabriquer mes couleurs, extraire des colorants et même des pigments. J'apprécie expérimenter. Les techniques ne sont que des moyens au service de l'idée et du questionnement que je soulève.
En réalité, ma pratique s'inscrit dans une démarche artistique ouverte qui se ramifie aussi bien dans la peinture, la sculpture, les installations, la photographie et même la vidéo : tout médium qui m’amène à interroger la place de l'art dans l'espace sensible, physique et mental que nous occupons.
Si j'apprécie cet aspect protéiforme, il me semble que tout part ou revient à des questions fondamentales, évidentes, d'autant plus qu'elles sont sans cesse renouvelées : le dessin, la couleur, le dessein.

Vos lieux de création, d'inspiration ?
Partout, l'espace tout autour de moi, tout le temps... car j'ai toujours avec moi un petit carnet pour dessiner, pour relever les « Petits Riens » de la vie qui bouge, qui passe, qui fait du bruit, qui donne la couleur et le ton..
Et puis, il y a l'atelier, qui est un monde unique et à part. Hors des carnets, mes Petits Riens relevés à bout de plume deviennent autres, donnent naissance à des oeuvres, abouties ou en devenir, un peu comme des poupées gigognes... qui grandissent mais qui évoquent de plus en plus les vanités, la fragilité de la vie....
Qu'est-ce qui vous inspire en ce moment ?

Partout, tout le temps, l'espace, les gens, les échanges, les discussions et les correspondances, les petites choses sans importance, les petits brins de vie, l'ép

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